Extrait d'un livre à paraître

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Ce matin quand tu nous as proposé de ressentir s’il nous manquait quelque chose, je me suis rendu compte que le sentiment de manque est une illusion. C’est un grand soulagement de réaliser l’illusion du besoin d’acquérir encore plus de savoir, plus de pratique… Soupir… Peux-tu parler du manque ?
 
Le besoin d’acquérir toujours plus d’objets – qu’ils soient matériels, intellectuels ou spirituels – génère un stress de fond. Cet état de recherche nous projette vers l’avant de nous-même, ce qui fait que l’on ne se pose jamais complètement dans le moment. Quand cette tension lâche, parce qu’on ne se tend plus pour trouver quelque chose à l’extérieur, on ressent immédiatement un soulagement qui nous permet d’être vraiment là. Une détente profonde nous envahit et plus on se relâche dans cette simple présence, plus on reçoit. En étant présent, ce que l’on cherche dans tous les objets, se révèle – un état de plénitude qui émane de notre être. C’est bouleversant de réaliser que l’on s’épuise pour trouver ce qui est déjà là et comment cette frénésie de recherche nous empêche de le reconnaître. Nous avons tellement l’habitude de faire et d’accumuler qu’on sature notre espace intérieur d’activités et de connaissances alors que, c’est dans l’abandon que l’on reçoit ce dont on a le plus besoin. Moins on veut, plus on reçoit. Plus on disparaît en tant qu’entité égotique, plus on reçoit. C’est incroyable de ressentir la puissance de l’abandon, plus on se donne, plus on se sent comblé. On reçoit au-delà de tout ce que l’on peut imaginer.
 
La prochaine fois que tu te sens fébrile et insatisfait, arrête-toi un court instant et interroge-toi avec honnêteté : « Si je me pose là, maintenant, qu’est-ce qui manque ? Pourquoi je m’agite ? Pourquoi est-ce que j’ai besoin d’autre chose que ce qui est là ? » Regarde autour de toi – le sol sous tes pieds, le ciel par la fenêtre, le plafond au dessus de ta tête, le volume de la pièce dans laquelle tu te trouves, les objets ou les êtres qui t’entourent. Sois en contact direct avec la totalité de l’instant. Laisse venir la réponse du fond de ton être, sans que le mental intervienne. Tu ressens avec évidence que ce moment est complet tel qu’il est. Cela ne veut pas dire que tu vas t’immobiliser et devenir complètement passif. Simplement tu te donnes avec de moins en moins de résistance au courant de la vie. L’inquiétude sous-jacente de devoir trouver quelque chose qui se trouve à l’extérieur et loin de ce moment s’apaise. Tu découvres alors que dans la pure réceptivité tu reçois sans rien demander, quelque chose d’immense et d’indéterminable, qui te comble au delà de toutes tes attentes.
 
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Nathalie Delay

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Artiste peintre depuis son plus jeune âge, Nathalie rencontre la tradition tantrique du Cachemire, à l’âge de 26 ans ; immédiatement touchée par cette voie qui résonne pleinement avec sa sensibilité artistique, elle s'y dédie pendant plus de quinze ans auprès de son premier maître Daniel Odier. Alors mère de famille, ancrée dans la vie active, elle est amenée à vivre sa recherche sans se retirer du monde. La vie ordinaire devient son champ d’exploration et sa pratique. C'est dans son quotidien qu'auront lieu ses réalisations les plus profondes qui l'amèneront à enseigner à son tour.
Depuis 10 ans, nourrie par la rencontre avec le yoga du Cachemire D’Eric Baret, Nathalie transmet un enseignement qui est, avant tout, le fruit de sa propre expérience. Elle enseigne le réel, comme le formulait un maître Chan. Sans relâche, elle ramène ceux qui viennent la rencontrer vers la vérité de leur être et les encourage à explorer par eux-même la réalité, en ne se laissant aveugler par aucun imaginaire, ni aucune croyance.